« Une
entente avec le
diable »
En
politique fédérale plusieurs
s’acharne a la présence d’une écharde politique bien ancré, sois le
Bloc Québecois. Ceci du au fait qu’un principe de base du Bloc
Québecois,
c’est la souveraineté pour la belle province. Il est donc concevable
que
si le gouvernement canadien dépend du Bloc québécois et lui accorde une
place prépondérante
dans les négociations d’importance, la situation semble insensée et
inacceptable. Compromis, consensus et négociation, oui, mais avec des
souverainiste?
Il y a dix ans, cette affirmation ferait quasiment unanimité. Il faut
cependant
réaliser que la position du Bloc a évolué (et nous aussi peut être).
Présent
depuis 15 ans sur la scène fédérale, le parti au départ axé sur la
souveraineté
parle aujourd’hui de défense des intérêts du Québec dans un contexte
canadien. N’est-ce pas ce que chacun souhaite de la part de son
représentant de circonscription? Le Bloc a aussi acquis une meilleure
compréhension de la scène fédérale. M. Duceppe a visité les autres
provinces et
a établi un dialogue. Résultat : Gilles Duceppe ne représente
plus une menace.
Il représente plutôt le choix légitime, démocratique et soutenu d’une
grande partie de l’électorat québécois. Il occupe la place qui lui
revient au sein du Parlement, car il a reçu le même mandat que ses
homologues.
« Nous
avons choisi un
gouvernement »
Stephen
Harper se plaît à dire
que l’électorat a rejeté un gouvernement libéral dirigé par Stéphane
Dion
lors des dernières élections. Ce n’est pas tout à fait juste. Lors de
l’élection, chaque citoyen vote pour un représentant de sa
circonscription,
et non pour le premier ministre ni pour le gouvernement. Nous sommes
dans un
système parlementaire (on élit un Parlement) et non un système
présidentiel (où
on y élit un président). C’est en fait la Gouverneure Générale qui
demande au chef du parti qui a obtenu le plus de sièges de former un
gouvernement. Cette demande est basée sur la supposition que ce parti a
le plus
de chances d’obtenir la confiance de la Chambre des communes, une
confiance essentielle à l’exercice des pouvoirs législatif du
gouvernement.
Un système parlementaire lie le pouvoir exécutif et législatif d’un
gouvernement dans les mains des gens élus au Parlement. Donc, oui,
Stephen
Harper a raison quand il dit que les Canadiens n’ont pas élu un
gouvernement de coalition. Tout comme nous n’avons pas voté directement
pour un gouvernement conservateur minoritaire ni pour lui (sauf à
Calgary
Ouest). L’élection ne détermine pas qui forme le gouvernement; un
« gagnant » ou un « perdant ». Elle
identifie qui forme le
regroupement de députés. Et c’est de ce groupe qu’émane le
gouvernement.
« C’est
une question
de stabilité »
Certains
font valoir
qu’un gouvernement de coalition risque d’être moins stable, ce qui
est à éviter dans une situation économique précaire comme celle que
nous
vivons. Mais certains sont en droit de penser qu’un gouvernement
minoritaire qui ne consulte pas l’opposition peut se révéler plus
instable qu’un regroupement concerté. Deux partis au sein d’un
cabinet, appuyé par un troisième pour une durée minimale de 18 mois,
cela ne
constitue pas une source d’instabilité a priori. Et
une période de
dix-huit mois permettra de passer au travers du pire de la crise
financière et
économique, selon l’estimation de la Banque mondiale. La coalition
semble
aussi de bonne foi : elle indique clairement les gestes
qu’elle
accomplira. Nous sommes loin de la volte-face du gouvernement
conservateur, qui
a remplacé son discours électoral par l’énoncé économique de Jim
Flaherty.
Chose
certaine, cette situation
est inédite dans notre histoire politique. Malgré le feu roulant des
événements
actuels, elle requiert une analyse réfléchie. Mais le changement est
déjà
amorcé : les libéraux, les néodémocrates et les bloquistes ont
modifié la
dynamique politique fédérale, et ce, possiblement pour longtemps.